Le sept 3

Changement d’horaire et de jour de diffusion pour Place de la Toile, l’émission consacrée aux nouvelles technologies sur France Culture. Désormais, il faudra allumer votre poste de radio le dimanche à 17 heures pour retrouver Xavier de la Porte et ses invités. Et si vous l’avez raté, vous pourrez vous consoler avec le podcast de l’émission et la lecture d’actualité de Xavier de la Porte chaque lundi matin sur InternetActu.

En attendant le retour de #pdlt dimanche, la dernière émission du mois de juillet était consacrée à Lift France et à la lecture d’un article de Wired à propos du dernier livre de Nicholas Carr, The Shallows, que nous avions évoqué également.

La lecture de la semaine est un grand article de Nicholas Carr paru dans le numéro de juin du magazine américain Wired. Nicholas Carr (blog), écrivain américain, que l’on connaît pour ses positions très dures sur les effets négatifs d’Internet, revient à la charge avec la publication d’un nouveau livre The Shallows : What The Internet is doing to our brains dont il livre à Wired une synthèse, dont je vous livre les points principaux.

Carr commence par le récit d’une expérience réalisée par Gary Small, professeur de psychiatrie à l’université de Californie à Los Angeles. Small a demandé de faire une recherche sur Google à deux populations, l’une d’internautes aguerris, l’autre de novices, et a observé grâce à l’IRM leur activité cérébrale. Les résultats ont été différents pour chacun des groupes. L’activité cérébrale des internautes aguerris étant beaucoup plus extensive que celle des novices, particulièrement dans le cortex préfontal, ère que l’on associe à la prise de décision et la résolution des problèmes. Quand ces mêmes populations se sont vues projeter des textes en bloc, il n’y avait plus de différence entre elles du point de vue de l’activité cérébrale. D’où la conclusion de Garry Small : la disposition neuronale distincte des utilisateurs expérimentés d’internet s’était développée à cause de leur usage d’internet.

wiredcarrshwallows

Mais le résultat le plus remarquable de son expérience est apparu quand Small a réitéré les tests six jours plus tard. Entre temps, il avait demandé aux novices de passer une heure par jour sur l’internet à utiliser des moteurs de recherche. Les nouveaux scanners ont montré que leur activité cérébrale avait changé du tout au tout. Elle était semblable à celle des vétérans du Net. Small écrivait donc : “Cinq heures sur Internet et les sujets novices ont déjà reformaté leur cerveau”.

A la première publication de cette recherche, on s’est enthousiasmé : en mobilisant un grand nombre de cellules cérébrales, Google semblait nous rendre plus intelligents. Mais Small le notait : une plus grande activité cérébrale n’est pas forcément une meilleure activité cérébrale. La vraie révélation, c’était la vitesse et la taille des changements qu’internet apportait à notre fonctionnement neuronal. Et Gary Small concluait son étude par ces mots : “L’explosion actuelle des technologies numériques ne change pas seulement la manière dont nous vivons et nous communiquons, elle altère tout aussi profondément notre cerveau.”

Et Carr d’ajouter que ce sera sans doute un grand sujet de recherche dans les années à venir. Mais, remarque-t-il, des dizaines d’études de psychologues, de neurobiologistes et d’éducateurs nous mènent déjà à certaines conclusions : quand nous allons sur l’internet, nous entrons dans un environnement qui favorise la lecture cursive, la pensée rapide et distraite, et l’apprentissage superficiel. Même si l’internet permet l’accès à un grand nombre d’informations, il nous transforme en penseurs superficiels en modifiant littéralement la structure de notre cerveau.

Après l’exposé de sa thèse, Nicholas Carr passe aux arguments.

Et d’abord, la déception des éducateurs qui avaient introduit les ordinateurs dans les classes en pensant que l’hypertexte favoriserait l’apprentissage, qu’il enseignerait la mise en relation des textes et augmenterait la capacité critique. Des éducateurs qui se sont aperçu dix ans plus tard qu’il en allait autrement. Que les aptitudes mobilisées par l’hypertexte – le fait d’évaluer les liens, de décider où cliquer, d’ajuster les formats – étaient étrangères au processus de la lecture. Et même que, amoindrissant la concentration, elles fragilisaient la compréhension. Et Carr de citer plusieurs études en renfort. L’une d’entre elles, réalisée en 1990, montrait par exemple que les gens ne se souvenaient pas de qu’ils avaient lu et pas lu. Notre familiarité croissante avec le Web n’a pas changé les conclusions de ces études, précise Nicholas Carr. Elles continuent à montrer que les gens qui lisent linéairement comprennent mieux les textes, qu’ils s’en souviennent mieux et apprennent plus que ceux qui lisent des textes farcis d’hyperliens. Ces études montrant que la présence seule de liens dans un texte, mobilisant l’attention pour savoir s’il faut cliquer ou pas, est une distraction néfaste. Des études plus récentes ont montré que la distraction était encore supérieure quand des liens étaient entourés d’images, de vidéos et de publicités.

Nicholas Carr explique : notre intelligence repose sur notre aptitude à transférer les informations depuis notre mémoire au travail vers la mémoire à long terme. Quand les faits et les expériences entrent dans notre mémoire de long terme, nous pouvons les transformer en idées complexes qui donnent toute sa richesse à notre pensée. Mais le passage de la mémoire au travail à la mémoire de long terme est une sorte de goulot inversé. Alors que notre mémoire de long terme a une capacité de stockage presque illimitée, notre mémoire au travail ne peut traiter qu’un petit nombre d’informations à la fois. Ce stockage de court terme est donc fragile : une rupture d’attention peut éjecter le contenu hors de notre cerveau. Une lecture concentrée permet de faire passer dans notre mémoire de long terme les informations par petits blocs, avec des pertes moindres, ce qui fabrique les associations essentielles à la création de la connaissance et de la sagesse. Sur le Net, les informations sont trop nombreuses. On transfère vers la mémoire longue des informations morcelées et disparates, pas un flux cohérent et continu. Ce qui, d’après les psychologues, nous met dans l’incapacité de traduire le nouveau matériau en connaissance conceptuelle. Notre apprentissage et notre compréhension en souffrent. C’est pourquoi, selon Carr, une activité cérébrale étendue, comme celle découverte par Gary Small, ne doit pas étre célébrée comme on l’a fait. Elle peut mener à une surcharge cognitive.

Pour Carr, Internet est un système interruptif. Et d’énumérer toutes les occasions que le Net nous fournit de nous distraire. Pour mesurer les effets négatifs de ce système interruptif, Carr s’appuie sur ce que les neurologues appellent le switching cost le “coût de la commutation”. Chaque fois que notre attention se détourne, notre cerveau doit se réorienter et puise dans ses ressources. Ce phénomène, disent les études, peut ajouter à la surcharge cognitive et mener à la difficulté à interpréter. Sur Internet, où l’on jongle sans cesse entre différentes tâches, les coûts de commutation sont toujours plus élevés.

S’en suit une critique en règle du multitasking, le fait d’être sur plusieurs tâches en même temps. Selon Carr, quand on demande à être interrompu, par les pop-ups, par nos mails, par les messageries instantanées et les flux RSS, nous organisons la perte de concentration et la fragmentation de notre attention et donc les dommages faits à notre activité cérébrale.

Bien sûr, tempère Nicholas Carr, les conséquences mentales de notre appétence pour l’information en ligne ne sont pas toutes mauvaises. Certaines capacités cognitives sont renforcées : la coordination oeil-main, les réponses réflexes… en gros, la recherche sur Internet renforce les fonctions cérébrales liées à la résolution rapide des problèmes. Mais pour Carr, cela ne suffit pas à conclure que le web nous rend plus intelligent.

Et de citer encore une étude, de 2009 celle-là, qui s’est concentrée sur les effets des différents médias en terme de cognition. La conclusion de Patricia Greenfield, la chercheuse coordonnant cette étude : “Chaque médium développe des capacités cognitives aux dépens d’autres.” Toujours selon Patricia Greenfield, notre usage croissant d’Internet aurait mené au développement sophistiqué d’aptitudes visio-spatiales, mais aurait fragilisé notre capacité à acquérir des connaissances profondes, à mener des analyses inductives, à produire de l’esprit critique, de l’imagination et la réflexion. Notre cerveau est plastique, il s’adapte aux médias et se forme à leurs exigences. Ce qui signifie que ce que nous acquérons, ou perdons, avec l’activité en ligne, s’étend au reste de notre vie.

Pour Carr, il n’y a rien de mauvais en soi à absorber très vite des informations en pièces détachées. Nous l’avons toujours fait en lisant le journal ou des magazines. Cette aptitude est aussi importante que celle qui nous permet de nous concentrer. Ce qui l’inquiète, c’est que cette absorption devienne une fin en soi, qu’elle devienne notre seule méthode d’apprentissage.

Carr conclut en disant que nous faisons, au sens métaphorique, un trajet inverse à celui des débuts de la civilisation. Nous passons du stade de cultivateurs de la connaissance personnelle à celui de chasseur dans la forêt des données. Dans ce processus, nous allons fatalement perdre beaucoup de ce qui fait que l’esprit est si intéressant.

Xavier de la Porte

L’émission du 24 juillet 2010 était consacrée à Lift France. Une émission à réécouter en différé ou en podcast sur le site de Place de la Toile.

économie de l'attention, lecture, mémoire, NBIC, neurosciences

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Le sept 2

Pour mieux répondre aux nombreuses questions que posent la vie privée des utilisateurs à l’heure des sites sociaux, le spécialiste de la sécurité, Bruce Schneier a tenté de construire une intéressante Taxonomie des données, car ce qu’on appelle données dans le monde des sites sociaux recouvre plusieurs réalités différentes (voir notre dossier Critique du Web²). Il distingue ainsi :

  • Des “données de services” : les données que vous confiez à un site social afin de l’utiliser. Ces données peuvent inclure votre nom légal, votre âge voir le numéro de votre carte de crédit.
  • Les “données divulguées”, c’est-à-dire celles que l’utilisateur publie sur ses pages : billets de blogs, photographies, messages, commentaires.
  • Les “données confiées”, c’est-à-dire celles que l’utilisateur publie sur les pages des autres. Ce sont le même type de données que les données divulguées, à la différence qu’une fois qu’elles sont postées, quelqu’un d’autre en a le contrôle.
  • Les “données fortuites” sont celles que d’autres personnes publient à votre propos.
  • Les “données comportementales” sont celles que le site recueille sur vous en surveillant ce que vous faites et avec qui vous le faites. Il peut s’agir de jeux auxquels vous jouez, des sujets sur lesquels vous écrivez, des articles auxquels vous accédez (et qui permettent de prévoir votre appartenance politique).
  • Les “données dérivées” sont des données concernant l’utilisateur issu de toutes les autres données. Par exemple, si 80 % de vos amis s’auto-identifient comme gays, vous êtes susceptibles d’être gay à votre tour.

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Image : exemple de flux de données dans les médias sociaux par Anne Helmond.

Comme l’explique encore Bruce Schneier, il y a d’autres façons d’analyser les données des utilisateurs. Il y a celles qu’on donne au site en toute confiance, en attendant du service qu’il les sauvegarde. Celles qu’on publie ouvertement et celles que d’autres utilisent pour vous trouver. Celles que l’utilisateur ne partage qu’avec un petit nombre de proches. Sans compter que le site social peut toutes les monétiser, notamment en vendant de la publicité ciblée par exemple.

Bien sûr, les nombreux sites de réseaux sociaux donnent aux utilisateurs différents droits pour gérer chaque type de données (souvent notamment des paramètres de contrôle sur les données selon la relation qu’on établit avec les gens : mais toute la difficulté consiste alors pour l’utilisateur à parvenir à catégoriser correctement ces relations). Mais les droits sur les données confiées, les données fortuites, voire les données comportementales sont souvent bien moins clairs pour l’utilisateur, rappelle le chercheur.

confiance, identité, identités actives, intelligence des données, opendata, réseaux sociaux, Web²

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Le août 31

De toutes les applications soi-disant “web 2″ ou faisant appel à l’intelligence collective, Foldit pouvait apparaître, lors de sa sortie en 2008, comme la plus prometteuse, tant elle semblait au confluent des différentes tendances actuellement en gestation : d’abord, il s’agissait d’un vrai moyen de “changer le monde par le jeu” qui abolissait la frontière entre éducation et recherche. C’était aussi la première “vraie” application de biohacking: soyons honnête, il n’est pas encore venu le temps ou chacun bricolera l’ADN dans sa cuisine. Mais agir sur des simulations informatiques d’authentiques structures biologiques (et non sur des formalisations abstraites, comme c’est le cas avec les systèmes de vie artificielle), avec la promesse d’obtenir des résultats pertinents dans le monde réel, voilà ce que permet Foldit, et c’est sans doute ce genre d’outils qu’utiliseront les “biohackers” de demain.

Ensuite, d’un point de vue cognitif, Foldit était un bon exemple du retour du corps dans notre façon d’agir sur le monde. C’est avec ses doigts qu’on recherche et qu’on pense dans Foldit, pas avec sa tête. C’est pourquoi un enfant de 12 ans peut se révéler meilleur à ce jeu qu’un microbiologiste.

Enfin, last but not least, Foldit était amusant : c’est l’exemple même du Casual game qui revient en vogue aujourd’hui. Il constitue une bonne alternative au Solitaire ou au Tetris.

Mais Foldit, comme ces multiples projets novateurs qui prolifèrent aujourd’hui sur le Net, ne promettait-il pas plus qu’il ne délivrait ? Au-delà de l’idée sympa, quels sont les véritables apports d’une application de ce genre ? Suivant la publication d’un article dans la revue Nature (payant pour la partie technique, mais avec un reportage de “vulgarisation” gratuit (.pdf) – enfin pour l’instant) une série d’articles ont fleuri dans la presse scientifique de ce mois d’août, nous donnant l’occasion de faire un premier bilan de l’expérience.

Amateurs contre spécialistes

Dans le premier article que nous avions consacré à Foldit nous annoncions la participation des joueurs de Foldit à la compétition internationale de pliage de protéines, la CASP. L’évènement a eu lieu en 2008. Foldit participait dans la catégorie “combat libre” où les équipes pouvaient utiliser toutes les ressources disponibles, y compris le cerveau humain, pour résoudre les énigmes proposées lors du championnat. On aurait aimé découvrir comment la communauté Foldit s’est positionnée face à la concurrence d’intelligences artificielles “pures” mais au moins pourra-t-on savoir comment des “amateurs” se sont comportés face à des équipes de biochimistes professionnels. Les résultats sont tout à fait significatifs : sur les 15 énigmes proposées aux joueurs de Foldit, ceux-ci se sont classés dans le trio de tête dans 7 cas, et sont même arrivés premiers sur l’un d’entre eux. Pour Wired, la messe est dite : “un groupe de joueurs non scientifiques a battu les équipes d’experts”.

Plus modestes, les créateurs de Foldit se contentent de dire sur le blog du site que les joueurs se sont montré aux mêmes niveaux que les équipes de professionnels.

En tout cas, l’équipe la plus performante lors de la CASP n’était en rien constituée de professionnels. Wired, encore, nous raconte les réussites d’un de ses membres les plus doués, “cheese”, alias Aristides Poehlman, 13 ans, et son “match” mémorable contre un concurrent français, Laurent de Jerphagnon. Poehlman s’est avéré tellement doué qu’il a suscité l’intérêt des chercheurs, qui se sont penchés sur ses méthodes de travail. Lorsqu’on demandé à Poehlman “comment il connaissait la manière de manipuler correctement une protéine, par exemple en orientant vers le centre les parties hydrophobes (qui chassent l’eau) de la molécule, il haussa les épaules et répondit “cela me paraît mieux comme cela”.”

Et Wired de citer à ce propos David Baker : “quand je disais dès le début que Foldit m’aiderait à trouver des prodiges du pliage des protéines, c’était encore de la spéculation… C’est fantastique de voir que c’est devenu vrai.”

L’homme contre la machine

Les concepteurs du jeu ont aussi comparé les performances de Foldit à celles de son ancêtre direct, Rosetta@Home, nous explique le magazine Discover. Basé sur le principe de Seti@Home, Rosetta@Home est un exemple classique d’intelligence distribuée. On laisse son ordinateur travailler sur un problème pendant les périodes de pauses, comme un économiseur d’écran (en fait, c’est parce que David Baker, professeur de biochimie a l’université de Washington, avait constaté que bon nombre d’utilisateurs de Rosetta@Home se plaignaient de la lenteur des calculs de leurs machines, et affirmaient être capable de faire mieux, qu’il en vint à imaginer Foldit).

Pour tester l’utilité de cette approche, Seth Cooper, cocréateur de Foldit et designer en chef du système, proposa à ses joueurs de résoudre 10 énigmes (des protéines dont la structure était connue, mais dont il n’existait aucune trace sur les banques de données publiques). Les joueurs de Foldit purent se montrer fiers de leurs talents : ils se montrèrent plus performants que Rosetta@Home sur cinq épreuves et firent match nul sur trois autres. Quant aux cas où “Rosetta” battit les joueurs, elle ne se rapprocha pas pour autant de la solution finale.

Pourtant, il reste des cas où la machine reste supérieure à l’homme. Cela ne désespère pas Cooper, cela lui permet au contraire d’envisager une fructueuse collaboration : un système comme Rosetta@Home pourrait se charger des premières phases du pliage, puis les humains prendraient la relève lorsque le travail devient trop subtil pour lui, par exemple.

Méthodes et stratégies

Ces divers résultats ont permis de comprendre un peu mieux comment procédaient les joueurs de Foldit.

Ainsi, il existe un certain type de protéines avec lesquelles les joueurs humains excellent particulièrement : celles dont la structure de base doit être profondément remaniée, par exemple en envoyant des éléments de la surface vers les profondeurs de la molécule : les humains sont capables d’effectuer de telles transformations sans pour autant perdre de vue la structure fondamentale de la protéine, quitte, pour un temps, à s’éloigner fortement de son but et à perdre des points. Pour une intelligence artificielle, recourir à de tels sacrifices ne serait pas raisonnable du point de vue du calcul.

L’intelligence collective est un autre facteur d’efficacité des équipes Foldit, grâce à la formation d’équipes spécialisées : certains joueurs préfèrent commencer le travail sur une protéine, d’autres interviennent à mi-parcours, une dernière classe enfin est plus douée pour effectuer les ultimes finitions.

Depuis peu, Foldit est entré dans une nouvelle phase. Afin d’exploiter encore mieux les possibilités des meilleurs joueurs, l’équipe de chercheurs a proposé à certain d’entre eux, non plus seulement de”plier”, mais bel et bien de créer ex nihilo de nouveaux types de protéines. Ceci dans le but, nous explique Nature, de trouver de nouveaux catalyseurs pour la photosynthèse ou des protéines capables de s’attaquer à des virus comme celui du SIDA ou la grippe H1N1.

En octobre dernier, une des trouvailles découvertes par un des meilleurs joueurs, Scott Vasarely (dont les qualifications professionnelles consistent à travailler comme acheteur dans une usine de soupapes et à diriger une petite entreprise de …. massage) suscita chez Baker un tel intérêt qu’il chercha à la synthétiser dans un laboratoire. Un échec, mais, précise Nature, ce ne serait selon Baker qu’une question de temps avant qu’un des joueurs ne réussisse à produire une nouvelle molécule viable.

biotechnologies, complexité, confiance, coopération, innovation ascendante, jeux, Participation, web 2.0

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Le août 30

openinnovationL’innovation ouverte est à la mode, au moins depuis le livre éponyme d’Henry Chesbrough, explique Tim Leberecht responsable du marketing de Frog Design. Mais comment le design peut-il s’adapter à cette forme d’innovation, à l’ouverture ?

Abandonner un contrôle qu’on ne possède plus

Faisant référence à la conférence de JP Rangaswani, président de BT Design (blog), sur le “Design pour la perte de contrôle” où ce dernier expliquait que la combinaison d’infrastructures numériques nouvelles (le logiciel comme service (SaaS), l’informatique en nuage (cloud computing), les logiciels sociaux et les téléphones intelligents) a conduit employés et solutions clients à un niveau qui rend les systèmes informatiques top-down obsolètes. Comme l’explique Dion Hinchcliffe du groupe Dachis : “Les entreprises consacrent actuellement des ressources considérables pour imposer un contrôle sur une situation qui apparaît de plus en plus comme ne pouvant plus être contrôlée et qui n’a d’ailleurs certainement plus besoin de l’être.”

Mais ce nouveau paradigme a des implications qui vont au-delà des systèmes d’information. Les employés sont confrontés à des solutions de plus en plus hybrides entre espaces de travail et espaces privés, et ils sont de plus en plus enclins à trouver des espaces numériques et des outils qui permettent d’être de plus en plus adaptés pour faire efficacement leur travail sans avoir à demander à personne la permission. Les clients également attendent désormais des marques qu’elles leur proposent des modèles de participation et de collaboration qui correspondent aux modèles les plus distribués des médias sociaux. Les entreprises ont donc perdu le contrôle (de leurs effectifs, de leurs clients et en partie de leurs marques). Comme le souligne la consultante Charlene Li dans son livre Le leadership ouvert (Open Leadership), elles n’ont jamais été vraiment en contrôle, mais elles sont désormais obligées d’abandonner ce qui est nécessaire au contrôle.

Li explique comment les entreprises doivent adopter de nouvelles règles de transparence pour faire face aux réseaux sociaux et au web temps réel. John Hagel, John Seely Brown, et Lang Davison, dans le Pouvoir de l’attraction (Power of Pull), suggèrent d’élaborer des stratégies pour y répondre. Si les concepteurs font leurs l’idée que l’influence est la nouvelle monnaie, ils doivent concevoir des outils pour que les clients et les employés de ces entreprises puissent y adapter leurs participations. Les entreprises doivent donc élaborer des stratégies pour amplifier et accélérer la perte contrôle afin d’éviter que clients et employés ne les abandonnent estime Tim Leberecht, tout en facilitant la circulation des connaissances, des idées, des compétences et des expériences.

Orchestrer la perte de contrôle

L’ouverture est devenue une exigence fondamentale pour réussir à tirer parti de la nouvelle économie. Il faut développer des approches qui permettent de trouver des solutions créatives pour mieux définir les problèmes qui se posent. Comme le disent Hagel, Brown et Davison : “Si vous voulez savoir ce que vous ne savez pas et que vous ne connaissez pas, vous avez besoin de passer du temps avec d’autres personnes qui pourraient déjà le savoir.”

“La perte de contrôle permet la création de liens plus faibles dans une société en réseau. La recherche a montré que les liens faibles sont plus favorables à la circulation des idées, des connaissances et des compétences – parce qu’ils permettent de se déplacer plus rapidement d’un nœud à l’autre, que le réseau devient plus accessible et plus agile sur ses franges. Plus vous vous éloignez du centre du réseau, moins vous pouvez avoir de contrôle.”

Les designers savent concevoir des espaces de création, des mécanismes de rétroaction et d’autres expériences de participation. Mais ils n’ont peut-être pas délibérément orchestré la perte de contrôle qu’il leur faut désormais concevoir. Or les formats qui président à ce nouveau mode de collaboration et de création de valeur sont encore émergents et informels, et ils transportent généralement une quantité importante de connaissances tacites.

Que peut-on ouvrir ?

Et Tim Leberecht de donner de nombreux exemples de modèles d’ouverture dans l’innovation, comme les plateformes de crowdsourcing développées par Dell (IdeaStorm), Starbucks (MyStarbucksIdea), Procter & Gamble (Connect), Nike et le GreenXChange, voir même TED et ses TEDx, OpenIDEO et ses défis créatifs, InnoCentive dans le domaine scientifique… Voir même la recherche en design comme la plateforme FrogMob développée par FrogDesign, permettant de mobiliser réseau interne et contributeurs externes sur une mission spécifique ou éclair. Ou encore l’atelier ouvert des NPR sur l’avenir des médias numériques permettant à 60 de ses dirigeants d’explorer de nouvelles approches pour la création de contenus.

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Image : TEDx, la célèbre conférence TED permet que d’autres exploitent sa marque selon des conditions bien précises.

Sur le même modèle, on pourrait imaginer des ateliers “Think-in”, permettant de réunir des clients pour explorer de nouvelles possibilités pour des marques. Et d’évoquer encore les projets de développement logiciel open source humanitaire utilisé par IBM pour sa plateforme Eclipse, les Random Hacks of Kindness (Rhok) de Google, Microsoft et Yahoo! qui réunissent des geeks et des technophiles pour développer des solutions logicielles capables de répondre aux grands défis de l’humanité d’aujourd’hui via des hackathons, des journées de codages marathon pour développer des applications logicielles par exemple pour le secours aux sinistrés…

D’autres sociétés comme Lockheed Martin ont publié en open source leur solution de réseautage social Eureka pour que leurs experts en interne puissent dialoguer plus facilement avec d’autres. Dow Chemical a elle mis en place un réseau social ouvert à ses anciens employés afin d’élargir les apports, car chacun sait que les réseaux fermés ont une valeur moindre. La société de Design Continuum a elle, dans un défi de transparence, choisi d’ouvrir son processus créatif, en montrant sur une série de blogs son travail de conception pour le Museum de Boston. Et qui sait si demain on ne verra pas d’expériences plus radicales encore consistant à faire du design participatif, avec une équipe de création distante pour l’encadrer… Ou à partager un canal de communication (comme un compte Twitter) avec le public.

Ces expériences de transparence radicales ont certes des issues imprévisibles, mais les relations de collaboration l’emportent sur les risques de réputation ou de violation de la propriété intellectuelle, estime le responsable du marketing de FrogDesign. D’ailleurs, est-ce que la propriété intellectuelle est une fin en soi, une fin exclusive des stocks de connaissances ? Le plus grand atout d’une entreprise ne réside-t-il pas plutôt dans sa capacité à attirer les talents et à développer de l’accès à ses connaissances et compétences ? s’interroge le designer.

Petit à petit, des start-ups qui exploitent les principes d’auto-organisation décrite par Clay Shirky dans Here comes everybody font leur apparition. Les entrepreneurs de moins de 30 ans du réseau Sandbox ouvrent leur capital social pour s’attaquer “aux grands problèmes mondiaux” comme ils l’expliquent avec un peu de naïveté sur leur blog. Pour Max Marmer, l’un des organisateurs de ce réseau, ce qui caractérise des projets développés par ce réseau comme Supercool School (une plateforme éducative ouverte à tous via la mise en place d’un réseau mondial d’école accessible en direct) ou AssetMap (une plateforme qui aide les gens à découvrir et exploiter des ressources dans la communauté qui les entoure) est que “l’accent mis sur “le potentiel humain” ou le “capital social” plutôt que le capital économique. “L’espoir est que la création d’un espace bien défini pour que ces organisations travaillent ensemble, permettra de partager ce capital social et d’atteindre des visions mutuellement partagées.”

Autre exemple encore, avec les conférences ouvertes, organisées par les participants, qui sont eux-mêmes leurs propres experts, sur le modèle des BarCamps ou des non-conférences. D’autres encore utilisent la méthode des conversations ouvertes comme Skittles qui utilise ce que les utilisateurs disent de sa marque pour alimenter la conversation avec ceux-ci, un peu comme si McDonald se voyait confronté à un site regroupant toutes les informations, billets, vidéos et tweet qui parlent de sa marque.

Sur le même modèle, on pourrait imaginer des ressources humaines ouvertes, imagine Tim Leberecht. “De toutes les fonctions critiques de l’entreprise, les ressources humaines pourraient être ouvertes pour favoriser un plus grand potentiel d’innovation, une culture de l’ouverture et de la participation et modifier radicalement la relation entre l’employé et l’entreprise”. Chez FrogDesign, FrogForward permet aux employés et à la direction de gérer la performance des employés toute l’année, et pas seulement lors d’un entretien annuel. L’établissement d’objectifs est inscrit comme un flux, et le retour – par les pairs, comme la rétroaction des employés – peut être partagé à tout moment, de manière ouverte ou privée… “Cette nouvelle approche reflète les réalités changeantes du rendement au travail, à partir d’un travail sur le contrôle et sur la coordination avec des objectifs quantifiables et une vision globale de la situation, qui permet de donner à l’employé plus de contrôle sur le processus et de mieux mettre en valeur les actifs incorporels, les connaissances tacites, l’intelligence sociale”.

Les caractéristiques de l’ouverture

Toutes ces initiatives, qu’elles s’appliquent à la marque, à la gestion de la relation client, au produit, au service de R&D, à la clientèle ou aux ressources humaines, présentent certaines caractéristiques similaires, conclut Tim Leberecht :

  • Un accès facile ;
  • Des plates-formes ouvertes qui mettent à contribution la créativité et l’expertise de gens de l’extérieur de l’organisme ou de sources inexploitées à l’intérieur ;
  • Une ouverture à des formats qui peuvent évoluer à mesure que change l’énoncé du problème ;
  • Suffisamment d’espace pour la participation et l’auto-organisation émergente ;
  • Des mécanismes simples permettant de bricoler, d’ajuster et pirater ;
  • Des petits formats qui peuvent être facilement partagés ;
  • De fortes incitations (motivation intrinsèque ou idéalement fondée sur une monnaie sociale) ;
  • Une visibilité en temps réel (grâce à des contenus partageables) ;
  • Et une prise de décision distribuée.

Garder le contrôle des paramètres

La conception pour la perte de contrôle est bien sûr une conception de crise, conclut Tim Leberecht avec une certaine lucidité. Il faut fournir un design qui conçoit une structure pour répondre à des solutions d’urgence dans des situations d’urgence, comme les architectes conçoivent des espaces afin d’y échapper comme l’évoquait Stephan Trueby dans son livre Exit architecture. “Si vous concevez des moyens pour sortir du système, ils pourraient aussi bien servir en tant que moyens dans le système”. Wikileaks et sa transparence sans compromis a besoin du secret radical pour fonctionner : “La même organisation qui dépend de la perte de contrôle de son contenu dépend en grande partie d’un environnement très contrôlé pour se protéger et rester efficace. Appliqué à des systèmes et la conception de solutions, cela signifie que l’ouverture totale est l’antidote à l’ouverture. Quand tout est ouvert, rien n’est ouvert. Afin de concevoir l’ouverture, les designers doivent d’abord déterminer ce qui doit rester fermé. Il s’agit d’une mission stratégique: faire des choix négatifs des effets positifs.”

Pour cela il faut construire de la variance dans un système pour le transformer en flux tout en conservant certains contrôles sur certains paramètres (accès, limites, participants, ordre du jour, processus, conversation, collaboration, documentation…) permettant de gérer les conditions d’ouverture. La conception pour la perte de contrôle nécessite tout de même de garder… le contrôle.

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Le août 30

La stéganographie sociale : apprendre à cacher en pleine lumière – danah boyd

La Stéganographie – http://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9ganographie – est l'art de la dissimulation, celui de cacher une message dans un autre message. . Cacher de l'information dans un message qui peut donc prendre plusieurs sens, tel est l'art de la vie privée à l'âge de la vie publique que pratiquent déjà beaucoup d'adolescents, estime danah boyd, incapables de gérer leur paramètres de confidentialité ou d'exclure certaines personnes de leurs réseaux d'amis en ligne.

Les innovations des prochaines générations de vélos en libre service – InnovCity

L'avenir du vélo en libre service c'est l'assistance électrique, l'amélioration du système de distribution, des antivols et des pneus increvables et des stations de plus en plus légères à installer.

Voix sur IP dans Gmail : et si Google analysait toutes les conversations ? – Numerama

En lançant son service de téléphonie IP, Google propose un outil de plus pour mieux nous connaitre. Politique fiction ?

Orange donne un aperçu de l’internet sans neutralité du net - ReadWriteWeb France

Avec simplicité et pédagogie, Fabrice Epelboin démontre comment les nouveaux forfaits mobiles d'Orange offrant un abonnement premium à Deezer favorisent une société plutôt que d'autres, cassant la neutralité du marché. Une belle démonstration de ce que devrait être la neutralité du net appliqué à la téléphonie mobile.

La tyrannie du lieu – Muki Haklay’s personal blog

Intéressante présentation de Muki Haklay, spécialiste de technologies géospatiales, qui montre comment le lieu, la géographie est à la fois une limite et une motivation dans les contributions cartographiques en ligne. Il rappelle également que les représentations de l'espace sont personnelles et très différentes selon l'outil qu'on utilise : Panoramio, Picasa ou Flickr ne dressent pas la même carte d'une même ville. Comme chacun de nous n'a pas la même perception d'une même ville selon ses pratiques et son expérience.

Comment devenir un expert ? – FrontalCortex

Selon plusieurs études, c'est la pratique qui permet d'acquérir la performance de l'expert. Il faut 10 000 heures de pratiques pour devenir un expert, estime le psychologue américain Anders Ericsson. Si vous voulez devenir un expert ou une star jeune, il suffit de commencer tôt…. Une autre étude montre que les athlètes de haut niveau américains proviennent, plus que la moyenne de petites villes de moins de moins de 500 000 habitants : la raison serait qu'elles permettraient de mieux développer des relations sociales et qu'elles seraient moins compétitives. Le fait d'élargir son entrainement sportif à d'autres sports, d'éviter la spécialisation trop tôt, en fait, pourrait aider les enfants à élargir leurs compétences… Les compétences essentielles ont plus de chance d'apparaître dans la diversité que dans la spécialisation…

Les média sociaux bouleversent l’économie – ReadWriteWeb France

Soumitra Dutta, co-auteur du prochain Global Technology Report du World Economic Forum – http://www.weforum.org/en/initiatives/gcp/Global%20Information%20Technology%20Report/index.htm – estime que la montée des médias sociaux appelle à prendre en compte leurs impacts sociaux-économiques. Si les anciens outils de mesures économiques permettent de mettre en valeur les zones où les technologies sont les moins développées, ils peinent à mesurer la liberté d'expression ou l'usage même des technologies… " L’économie est bien plus simple quand il s’agit de comp ter de l’argent et que l’on mesure la capa cité à créer de la valeur." Voir également : http://techonomy.typepad.com/blog/2010/08/global-tech-metrics-changing-due-to-digital-social-media-.html

L’éco-quartier, un modèle de développement urbain durable ? Analyse critique – Groupe Chronos

L'éco-quartier demeure "expérientiel" et limité : ces micro-systèmes montrent la difficulté des villes à adopter des démarches systémiques et profitent surtout à des catégories socio-professionnelles supérieures. Souvent, la recherche du moindre impact environnemental pourrait être encore amélioré notamment en favorisant plus la dimension participative, qui est souvent le parent pauvre de ces projets.

L'ère du catalogue – La vie des idées

Répertoires, annuaires, fichiers, inventaires, compilations : les listes prolifèrent, à tel point qu’en faire la liste relève de la gageure. Pour Umberto Eco et Bernard Sève, la mise en liste du monde et de l’existence dit quelque chose de notre civilisation — de notre rapport à l’accumulation, à la mémoire, à l’invention.

Un moteur de recherche qui peut regarder le passé… et le futur – Technology Review

Yahoo Time Explorer – http://fbmya01.barcelonamedia.org:8080/future/index.jsp – est un prototype de moteur de recherche imaginé par les laboratoires de Yahoo Barcelone, qui mérite le détour. Comme d'autres avant lui, il présente les résultats sous forme de ligne de temps, mais permet surtout de regarder le futur, cherchant des dates ou des critères temporels ("le mois prochain") associées aux critères de recherche. Il extrait également des noms, des localisations et construit des graphes relationnels… Le moteur ne fonctionne pour l'instant qu'avec une base d'article du New York Times allant de 1987 à 2007. Comme le disait récemment Esther Dyson – http://www.project-syndicate.org/commentary/dyson23/English – évoquant l'avenir de la recherche en ligne, avec l'arrivée de la structuration sémantique, celle-ci est en train de redevenir intéressante. En voici effectivement un bon exemple !

Propriété intellectuelle et croissance : la remise en question ? – Numerama

Il est d'usage de considérer que la propriété intellectuelle est un vecteur de croissance… Déjà contestée à l'échelle internationale, cette idée est aussi fragilisée dans les pays riches comme le montre l'étude que lance l'administration britannique chargée de la propriété intellectuelle pour savoir qu'elle est la politique optimale de protection des savoirs et quel est le retour sur investissement de cette protection. Cheikh Kane pour IP Watch souligne que les brevets sont un frein au transfert de technologie et plus encore à son adaptation locale.

N°1 – Territoires 2040, aménager le changement – Datar

Premier numéro de la nouvelle revue de la Datar sur la prospective territoriale qui s'interroge sur la représentation comme concept opératoire pour la prospective. Avec par exemple cette étude – http://ks306802.kimsufi.com/datar/spip.php?article13&revue=1 – qui indique que de plus en plus, l'emploi suis les gens plutôt qu'il n'induit leur localisation.

Les tyrannies de l’intimité – Blogo-Numericus

En relisant les tyrannies de l'intimité du philosophe Richard Sennett, Pierre Mounier éclaire le décalage entre vie publique et vie privée. Avec le développement de "la société intimiste" nait la fin de la "culture publique". A mesure que se développe la "vie privée", nous sommes chassés, dépossédés du contrôle collectif de l'espace publique, comme la rue. Pourquoi les caméras de surveillance provoquent le malaise ? Non pas parce qu'elles nous observent, mais parce qu'elles nous disent que nous ne sommes pas responsable de la rue. Si nous avons besoin de caméras de surveillance c'est parce qu'on a intégré le fait que la rue n'est pas à nous.

Al Franken : “la neutralité du net est l’équivalent contemporain du droit à la liberté d’expression” -| ReadWriteWeb France

"Protéger et faire de l’internet un espace ouvert ne concerne pas seulement la mise en place d’une légis­lation assurant la neutralité du net, c’est aussi s’assurer que l’internet ne devienne pas la propriété d’une poignée d’entreprises. (…) C’est pourquoi je pense qu’empêcher la concentration des média est l’un des grands chapitres de la lutte pour un internet libre et ouvert, et c’est pourquoi je suis opposé à la fusion entre NBC, Comcast et Universal.
Parce que quand la même entreprise contrôle les contenus et les tuyaux qui nous amène les contenus, nous avons un problème."

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