Le nov 27

Aperçu de quelques présentations à l’occasion de la première édition du Personal Democracy Forum Europe qui se tenait à Barcelone ces 20 et 21 novembre 2009.

Deux façons de faire de la politique électronique s’opposent - et se combinent à la fois. Celle de la gouvernance électronique (e-government) qui repose sur les outils dont disposent les autorités pour s’adresser au citoyens et vice-versa, et celle de la collaboration des citoyens entre eux (we-government). Une vision top-down et l’autre bottom-up pourrait-on dire : l’une serait plutôt européenne et l’autre plutôt américaine. Reste à savoir si elles sont réconciliables ?

Le 2.0 ne réussit pas partout

Pour le journaliste et universitaire Matthew Fraser (blog), nous avons besoin de mieux conceptualiser les problèmes. Certes, entre le modèle américain et européen, les dynamiques collaboratives ne sont pas les mêmes, mais c’est aussi parce que les sociétés ne sont pas les mêmes : alors que l’Amérique propose un modèle assez égalitaire, en Europe, la centralisation est bien plus présente.

Mais peut-être faut-il chercher ailleurs les raisons de cette différence de conception ? Pour Matthew Fraser, comme il l’explique d’ailleurs plus en détail sur son blog, l’élan social du web 2.0 a surtout réussit dans sa dimension marketing. Les 5 millions d’amis d’Obama sur Facebook ne sont pas là pour faire de la collaboration, ils sont là pour promouvoir la marque Obama. Le succès de la campagne politique d’Obama serait donc plus marketing que politique…

La transposition du web 2.0 dans le monde de l’entreprise, où ces outils étaient sensés transformer le management, a moins bien fonctionné que dans le monde des marques. D’un coup, il s’avère bien moins simple de faire collaborer les employés entre eux, d’autant que leurs supérieurs hiérarchiques ne sont pas tous disposés à voir leur autorité contestée par la base. Les évangélistes de l’entreprise 2.0 ont rencontré des résistances institutionnelles dans les entreprises et la mise en oeuvre d’un management par le changement s’est révélée plus difficile à réussir que de proposer des campagnes vidéos virales sur YouTube.

Les méthodes 2.0 appliquées aux autorités publiques connaissent encore moins de succès que dans les entreprises. Bureaucrates et politiciens ont une vision de la relation aux citoyens très verticale. Ici, plus encore que dans l’entreprise, changer le centre du pouvoir, transformer les relations entre les autorités et les citoyens est problématique. Les coopérations ne sont pas faciles, hormis peut-être dans le local concède-t-il en faisant référence à la plupart des réalisations collaboratives réussies comme FixMyStreet ou d’autres processus issus de l’innovation sociale.

Comme il l’explique sur son blog, on peut en conclure qu’il y a une opposition philosophique entre les évangélistes du 2.0, qui croient en la capacité humaine à agir de manière rationnelle et à collaborer pour atteindre des objectifs communs, et les tenants de méthodes verticales qui croient plutôt en la nature égoïste de l’homme. Sans compter, qu’il faut ajouter une dimension culturelle à cette dichotomie : la collaboration est ancrée dans les traditions du libéralisme et de l’égalitarisme anglo-américain, alors que l’Europe continentale a été façonnée par des siècles d’institutions autoritaires, notamment en France précise-t-il où la culture bureaucratique et la notion rigide de l’autorité est hostile aux valeurs sociales de la collaboration.

Pour convaincre, le 2.0 devra donc apporter des résultats mesurables et pragmatiques, comme il commence à le faire, en partie, quand il s’applique à la société de la connaissance.

La participation ne demande qu’à se révéler

Le discours de Tiago Peixoto (@participatory, blog) est à l’opposé de celui de Matthew Fraser. Chercheur à l’Institut universitaire européen de Florence,Tiago Peixoto s’intéresse à “identifier des facteurs qui contribuent à la réussite des politiques visant à renforcer la participation politique”.
La participation citoyenne n’est pas nouvelle, rappelle-t-il. “On dit seulement qu’une minorité souhaite participer, mais ce n’est pas vrai ! Les gens ne participent pas, car ils ne pensent pas que cela peut directement les aider !” Pour lui, qui a notamment étudié le fonctionnement des budgets participatifs à Belo Horizonte au Brésil et à La Plata en Argentine, la participation ne demande qu’à se révéler.

Jusqu’en 2004, le niveau de participation dans les budgets participatifs à Belo Horizonte stagnait aux alentours de 1,5 % des électeurs, nécessitant leur présence à des réunions physiques. Après avoir en 2006 lancé des budgets participatifs électroniques dotés d’un montant de financement pourtant plus faible, c’est quelque 10 % des électeurs qui ont pris part au processus… (comme il l’explique plus en détail dans un article à la page 23 de ce document (.pdf)).

La participation n’est pas un concept très rock’n roll reconnaît-il modestement, et il ne faut pas le mesurer uniquement par le nombre de personnes qui s’y agrège. Il faut aussi mesurer les non-participants qui supportent malgré tout le processus.

Certes, peu d’initiatives citoyennes parviennent à ce niveau d’engagement, mais si vous donnez au citoyen les moyens de s’impliquer, si vous prenez en compte leur participation d’une manière effective, alors peut-être cela changera. L’engagement des citoyens n’est pas facile, mais peut-on ne pas y répondre, ne pas chercher à l’améliorer ?

Ce que montre les exemples qu’a évoqué trop succinctement, c’est que la règle des 1% de participation, souvent vécue comme une limite indépassable, peut être dépassée par des actions de participation et de co-création suivies et spécifiques. Les limites technologiques sont souvent avancées comme étant un obstacle, mais ce n’est pas toujours le cas. Les modes de participation traditionnels également ne parviennent pas toujours à mettre en contact les gens entre eux, pour qu’ils décident collectivement. Agréger les préférences, les votes, les avis ne fait pas avancer. Il faut délibérer, débattre. Or, il manque encore d’outils en ligne pour aller plus loin que la consultation, pour structurer les débats afin qu’ils ne se limitent pas à de simples votes. “On n’obtient pas le meilleur des citoyens par de simples consultations, juste en leur demandant leur avis. La participation n’est pas un vote. Il faut aller plus loin.”

Stimulant, non ?

pdf europe

Tags : web, internet, youtube

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Le mar 11

La session finale de Lift était dédiée à des personnalités qui réinventent leur discipline, comme Melanie Rieback, spécialiste de la sécurité des puces RFiD, Clive van Heerden de Philips Design et bien sûr, Vinton Cerf, le père de l’internet.

Développer le piratage pour renforcer la sécurité

Melanie Rieback est une spécialiste des puces RFiD (des puces électroniques qu’on peut identifier via les ondes radio et qui devraient être la technologie principale de “l’internet des objets”, cet internet qui va connecter tous nos objets du quotidien), professeure au Groupe des systèmes informatiques du département des sciences de l’informatique à l’université Vrije d’Amsterdam. Elle se présente comme une “hackeuse en col blanc”, c’est-à-dire qu’elle casse les systèmes pour chercher à les réparer et à les rendre plus forts.

Les mains de Melanie Rieback par MRTNK
Image : les mains de Melanie Rieback par MRTNK.

“Avec l’internet des objets, nous aurons les mêmes problèmes qu’avec l’internet, prévient la chercheuse : lecture non autorisée de puces, traçage, copie, écoute, refus de service, piratage, spam… Le problème de la technologie RFiD est qu’elle est bas de gamme et donc peu sûre. Comme nos ordinateurs, les puces sont sensibles au virus, comme l’a démontré Mélanie en créant le premier virus RFiD en mars 2006. La plupart des systèmes RFiD peuvent être piratés, assène la chercheuse en évoquant les passeports, les cartes d’identité ou les pass de transports en commun qui commencent à intégrer ces puces, comme l’ont démontré ses étudiants aux Pays-Bas en piratant l’un des systèmes de transports publics hollandais utilisant des puces électroniques. Mais les hommes politiques et les industriels semblent ne pas vouloir entendre le problème, explique Melanie Rieback. D’où l’idée du RFiD Guardian. Il consiste en un système portable capable d’assurer la protection et la sécurité de la vie privée dans les systèmes RFiD. Cet appareil agit comme un lecteur de puce, capable de décoder les étiquettes intelligentes, et peut également émuler les étiquettes ou brouiller les puces. RFiD Guardian a un double but politique : permettre à chacun de surveiller l’utilisation des puces RFiD et permettre à chacun de générer sa propre politique de sécurité, en permettant de modifier l’information contenue par les puces.

Une version commerciale devrait bientôt être accessible (même si le projet est en open source) afin que tout un chacun dispose des moyens pour pirater les puces. Le but de Mélanie est de faire réagir l’industrie, qui pour l’instant demeure sourde aux problèmes de sécurité qui s’accumulent. Les attaques vont sortir des laboratoires promet la chercheuse. “Parce que nous avons besoin d’une industrie de la RFiD sûre, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui”, conclut clairement la chercheuse.

Provoquer pour mieux comprendre le futur

Clive van Heerden de Philips Design s’occupe du programme Probes, un programme de recherche dans les domaines de la politique, de l’économie, de l’environnement, de la technologie et de la culture, dont le but est de comprendre comment vont évoluer nos styles de vie. “Ce que nous essayons de faire à Philips Design, n’est pas de proposer des produits précis, mais de présenter des conceptions provocantes pour évaluer les réactions qu’elles suscitent. Nous nous focalisons surtout sur les phases de crises, pour mieux comprendre les réactions des gens et mieux comprendre ce que sera notre mode de vie à l’horizon 2020-2030″.

Clive van Herdeen par MRTNK
Image : Clive van Heerden à Lift, par MRTNK.

Et clive van Heerden de montrer les vidéos de plusieurs champs de recherche du programme comme Off The Grid, imaginant à quoi pourrait ressembler un habitat durable à l’horizon 2020, avec des matériaux vivants, agissant comme des membranes acheminant l’eau, l’air ou la lumière (vidéo).

Le projet Skin imagine l’intégration de matières sensibles, de tissus intelligents, dans nos vêtements, pour faire ressentir nos états émotifs dans les habits que nous porterons (vidéo).

Le projet se décline en deux autres versions : l’un imagine des tatouages électroniques capables de traduire nos émotions à la surface même de nos corps (vidéo) ; l’autre, des bijoux électroniques et flexibles, ludiques, tactiles, permettant de stimuler notre activité biologique et de traduire nos émotions en messages.

Un autre projet, dédié à la nourriture, imagine comment nous consommerons nos aliments dans 20 ans, selon plusieurs scénarios. Le premier, “la cuisine de diagnostic”, consiste en un outil capable d’adapter votre alimentation à votre santé et à vos besoins nutritionnels. “L’alimentation de création” s’inspire lui de la cuisine moléculaire et des imprimantes 3D pour imaginer comment nous “imprimerons” notre nourriture à l’avenir. La “ferme de la maison”, enfin, est un écosystème domestique permettant de cultiver chez soit poissons, crustacés, algues et plantes, d’une manière interdépendante les uns aux autres (la filtration de l’eau, le recyclage des éléments nutritifs, l’utilisation optimale de la lumière du soleil, sont quelques-uns des piliers du projet).

Des normes pour bâtir l’internet

Le père de l’internet, Vinton Cerf, a conclu la conférence Lift en rappelant que l’internet fonctionne parce qu’il y a des normes, et que des personnes coopèrent ensemble autour de ces normes. En 1983, lors du lancement officiel de l’internet, il y avait 400 ordinateurs connectés, aujourd’hui on dénombre plus 1,4 milliard d’utilisateurs. 3,5 milliards de mobiles sont aux portes de l’internet : la première expérience de l’internet, pour de nombreuses personnes, se fera via un mobile.

Vinton Cerf à Lift 2009 par RMTNK
Image : Vinton Cerf à Lift, par RMTNK.

Mais l’internet n’est pas sans faiblesse. Dans les années 70, personne ne pouvait savoir la quantité d’espace nécessaire pour les adresses que nous nous apprêtions à utiliser. Le choix s’est porté sur des adresses de 128 bits, ce qui semblait suffisant pour une expérimentation… “Sauf que cette expérimentation n’a jamais pris fin et que l’on vit toujours avec”. Comme le confiait récemment Vinton Cerf : “D’ici 2010, nous n’aurons plus d’adresses IP disponibles si nous ne faisons pas quelque chose pour résoudre le problème”.

Il y a d’autres limites que nous sommes en train de dépasser également, comme l’intégration des caractères non latins dans les noms de domaines, ou encore des solutions permettant d’interpréter des applications qui ne sont plus disponibles, nous permettant par exemple de continuer à lire un PowerPoint de 1997 en l’an 3000.

Vinton Cerf a évoqué également son projet d’internet interplanétaire, expliquant que le protocole TCP/IP, qui fait fonctionner l’internet, n’est pas adapté aux communications spatiales parce qu’il n’accepte pas les retards de transmission de plus de 40 minutes alors qu’il faut une vingtaine de minutes pour envoyer un message sur Mars (et autant pour le retour). D’où la nécessité de construire de nouveaux protocoles… D’ici la fin de l’année, le protocole interplanétaire devrait être au point et nous serons capables de faire des communications spatiales standardisées, assure Vinton Cerf. La prochaine étape ? “Le réseau interstellaire !”, s’amuse Vinton Cerf. “Mais nous avons besoin de trouver un système de propulsion adéquat. Autant dire qu’il nous reste beaucoup de travail à faire”, s’amuse avec une belle modestie Vinton Cerf.

lift09

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Faute d’accord avec la société de gestion collective des éditeurs de musique britanniques, YouTube a décidé de bloquer tous les clips de son service pour les internautes connectés en Grande-Bretagne.

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Un américain de Arlington, dans l’Etat de Virginie, a été arrêté pour détention illégale d’arme à feu, et a plaidé coupable, sans avoir trop le choix. L’homme de 37 ans, qui avait déjà été condamné en 1994 pour braquage et cambriolage, s’en était en effet vanté sur une vidéo postée sur YouTube, où il se montrait devant la caméra en compagnie de son révolver.

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Une rumeur a couru sur le Web suite à une mise à jour de l’algorithme de Google baptisée Vince (certaines modifications du moteur - qu’on appelait avant les “Google dance” - reçoivent ainsi des noms, comme les cyclones). Cette rumeur indiquait que Google préférait maintenant les marques et donnait un “coup de boost” aux sociétés à forte notoriété dans ses résultats. Du coup, Matt Cutts, porte-parole “SEO” de Google, s’est fendu d’une vidéo sur YouTube intitulée Is Google putting more weight on brands in rankings?, expliquant que les changement qui ont été mis en place..

Source et suite de l’article : http://actu.abondance.com/2009/03/google-vince-un-emise-jour-de.html

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