Le sept 8

liaisonsnumeriquesA l’occasion de la parution des Liaisons numériques, vers une nouvelle sociabilité ? (Amazon), aux éditions du Seuil, nous avons rencontré son auteur, le chercheur en sociologie, Antonio Casilli (blog). Dans ce livre très documenté, qui puise à la fois dans la richesse des savoirs académiques et dans une expérience et réflexion très personnelle, Casilli démonte trois mythes de l’internet : le réel et le virtuel ne sont pas distincts, mais imbriqués ; les traces corporelles sont un moyen d’exprimer et réaliser son autonomie, ses stratégies ; les TIC ne sont pas désocialisantes mais reconfigurent notre manière d’être en société.

L’occasion de discuter avec lui du rôle et de la place respective de nos sociabilités numériques et réelles, pour mieux comprendre justement la manière dont elles s’articulent, s’imbriquent et font société.

InternetActu.net : Pourquoi les ordinateurs ont-ils acquis une place aussi intime dans nos vies ?

Antonio A. Casilli : La miniaturisation des ordinateurs (analysée notamment par Daniel Bell dans Teletext and Technology) a engendré une reterritorialisation de ceux-ci, leur permettant petit à petit d’intégrer l’espace domestique. Le premier changement que cette miniaturisation a impliqué est donc celui de l’espace physique. L’agencement des pièces, des meubles, des chambres change avec l’arrivée de ce nouvel appareil électroménager qu’il faut installer, comme on a installé avant lui la radio ou la télévision. Mais il n’y a pas que l’espace domestique qui est bouleversé par l’arrivée de cet équipement : l’espace technologique de la maison l’est aussi avec l’arrivée d’un équipement dont le contenu technologique est par définition plus important que les autres, puisqu’il permet de tout faire (jouer de la musique, regarder des films, jouer, communiquer…). Enfin, ils ont également reconfiguré l’espace social. Nombre de parents ont considéré, avec l’introduction des premiers ordinateurs domestiques, que leur capital social et culturel faisait un bond en avant.

Pour les “enfants de l’ordinateur” des années 80, l’ordinateur a été l’occasion de s’autonomiser ou de resituer le rôle qu’ils avaient au sein de la famille.

Le mobile prolonge ce même processus de miniaturisation et de reterritorialisation. L’ordinateur colle désormais un peu plus à nos corps, comme ces mobiles qui frottent nos cuisses ou nos hanches depuis les poches où on les range. Ils sont devenus un attribut de la corporalité des usagers. C’est aujourd’hui devenu une analyse banale, mais dans les années 80, Bruce Sterling dans une introduction à l’anthologie cyberpunk – Mozart en verres miroirs – avait anticipé cela en observant les premiers baladeurs, les premières lentilles de contact… Notre machinerie est presque arrivée sous la peau.

casilliparstephaniebooth
Image : Antonio Casilli sur la scène de Lift Genève 2010, démontant le mythe des natifs du numérique comme nous en rendions compte, photographié par Stephanie Booth.

InternetActu.net : Dans votre livre, vous expliquez que les nouvelles technologies de l’information et de la communication sont devenues un moyen de sociabilité “supplémentaire” qui s’ajoute, plutôt que de remplacer, la sociabilité en face à face et la participation sociale. Cette affirmation est pourtant encore loin de convaincre tout le monde. Beaucoup par exemple estiment qu’être pendu au téléphone en faisant ses courses ou dans les transports en commun met fin aux échanges qu’on avait, avant, dans ces temps et espaces là.

Antonio Casilli : Ce n’est pas pour convaincre que j’ai écrit ce livre, mais pour recentrer un débat, qui pour l’instant est figé dans la polarisation technophile-technophobe. Pour comprendre si les nouvelles formes communicationnelles remplacent les formes d’échanges “authentiques”, il faut comprendre ce que l’on entend par authentique.

On vit dans un milieu assisté par les machines à communiquer qui changent la forme de la relation sociale. Désormais, dans les séminaires scientifiques on s’échange non seulement des propos “officiels”, mais également d’autres via l’internet (ce qu’on appelle le backchanneling, comme nous l’expliquait danah boyd – NDE) permettant de recréer des formes d’authenticité communicationnelle, capable de creuser des tunnels sous notre réalité. On s’échange des mails, des textos, des messages instantanés ou des twitts, qui ont une force de frappe émotionnelle, en temps réel, qui peuvent être plus importantes que les formes plus policées de communication réelle.

Ces technologies nous aident à mieux maîtriser notre “positionnement social”. Il y a une ambition d’usage des technologies qui va dans ce sens, qui a pour but de moins subir notre positionnement primaire au profit d’un positionnement de choix.

C’est tout l’enjeu de la question de l’homophilie. En sociologie, l’homophilie est un discours déterministe qui dit qu’on a tendance à s’associer à des gens avec lesquels on partage des formes de complémentarité liée à la langue, au sexe, au niveau culturel ou à l’ethnicité… Dans l’étude de l’amitié comme processus social, on a longtemps pensé que les gens évoluaient dans leur amitié par sexe, même milieu géographique, social, etc. Or, avec l’internet on arrive à créer des zones de meilleure maîtrise de ce positionnement.

Mes travaux en sociologie informatique sont basés notamment sur une analyse de l’homophilie pour comprendre si ces caractéristiques communes ont une influence sur la création de liens dans les réseaux sociaux, type Facebook, afin de comprendre ce qu’il se passe quand on parle de positionnement social, de structure sociale. J’ai ainsi produit un modèle multiagent capable de cumuler des réseaux de liens d’amitié. Ce qu’il est important de voir, c’est comment avec n’importe quel paramètre ce modèle restitue toujours un résultat important : il montre que l’homophilie ne joue pas. Ou en tout cas, beaucoup moins que les traits culturels, les expériences ou les goûts affichés comme je l’explique dans une récente étude réalisée avec Paola Tubaro (.pdf).

L’étude que j’ai menée par exemple auprès de jeunes blogueurs démocrates organisant une cookie-party à Pasadena montrait de prime abord une très forte homophilie entre participants : ils avaient le même âge, venaient du même milieu social, avaient le même intérêt politique… Pourtant, leurs blogs leur permettaient de s’ouvrir sur un espace public bien plus large. Leurs pratiques leur permettaient de toucher des couches de populations qu’ils n’auraient pas réussi à rencontrer dans une société très compartimentée comme l’est celle de la Californie du Sud.

InternetActu.net : Selon vous, la création d’espaces intimes communs assistés par ordinateurs est capable de transformer la relation humaine. Vous expliquez dans votre livre que les nouvelles technologies créent “un engament intime diffus, finalement peut-être plus subversif ou profond que les engagements militants d’antan”. En quoi l’intimité est-elle plus “profonde” que l’engagement militant d’antan ?

Antonio A. Casilli : Ces technologies sont des prétextes culturels. Car finalement, ce dont on parle c’est de processus sociaux et d’interactions sociales assistées par les ordinateurs.

La question de l’engagement intime et diffus remonte aux années 60, au moment où l’on commence à mêler engagement politique et engagement personnel en les associant. C’est la naissance du féminisme, de mai 68 ou encore du mouvement de l’autonomie ouvrière qui reprenait ces éléments pour les concentrer dans une militance gauchiste révolutionnaire qui ne cherchait pas tant à faire des manifs qu’à bouleverser le quotidien. Ce n’est pas un hasard si c’est dans ces milieux-là, féministes, hippy, anarcho-marxistes… qu’on voit apparaître les premières expérimentations de technologies appliquées à l’activité militante comme dans les Community Memory en Californie, les cyberféministes (notamment avec Donna Harraway) voir avec certains théoriciens de ce marxisme autonome, comme Franco Berardi.

Ces formes nouvelles d’engagement politique ont façonné les formes d’engagement politiques que nous connaissons désormais, en introduisant une attention au côté médiatique et aux projections de désirs, d’attentes et de sensations… nous éloignant de l’engagement classique consistant à aller manifester, clamer un slogan et rentrer chez soi. Dans les mouvements militants classiques, la vie était compartimentée, comme un oeuf qui ne mélange pas le blanc du jaune. La journée avait 8 heures pour travailler, 8 heures pour se reposer et 8 heures pour avoir une activité politique. Aujourd’hui, tout se superpose.

InternetActu.net : Les rapports sociaux médiatés par l’informatique sont-ils simples ? L’ordinateur filtre et modère les rapports humains, mais on pense souvent qu’il suffit de se débrancher pour reprendre le contrôle. “Les solutions technologiques deviennent des solutions sociales” dites-vous. On a l’impression que la société se dissout derrière la technologie…

Antonio A. Casilli : Je dis cela surtout pour relater le type de discours de certaines personnes qui n’arrivent pas toujours à maîtriser leur rapport à la technologie. A chaque fois qu’ils doivent donner une solution sociale à leurs problèmes, ils la remplacent par une solution technologique : je débranche le téléphone plutôt que de répondre.

En fait les choses sont plus complexes. La solution technologique et la solution sociale se superposent et créent des confusions, comme dans le cas de la rupture d’amitié sur Facebook. A chaque fois que quelqu’un défriend quelqu’un d’autre, cela nous semble être une insulte personnelle, alors que cela peut-être lié à un bug ou à un réaménagement de profil. Mais cela nous affecte, car on projette sur une disposition technologique, un ensemble de desiderata de l’ordre du social. On recherche la proximité avec monsieur ou madame X en la projetant sur cette liaison numérique.

InternetActu.net : une liaison qui est souvent asymétrique…

Antonio A. Casilli : Oui, dans plusieurs réseaux sociaux, elle peut-être asymétrique. Et c’est une variable à prendre en compte dans ce type d’interaction. Je rapprocherai plutôt ce déséquilibre du lien de l’admiration ou de la microcélébrité. Grâce à ce type de média, comme la téléréalité d’ailleurs, des gens créent des niches de célébrité générant une longue traine des relations humaines. On peut désormais être fan d’un collègue de travail comme on l’était dans les années 90 d’une célébrité.

antoniosociology
Image : “La sociologie consiste à dessiner des lignes imaginaires… et à les appeler structures”.

La liaison numérique pose également la question de la maîtrise de l’identité. A quel point ce collègue dont on consulte les photos qu’il publie sur Flickr, la musique qu’il écoute sur Deezer, les commentaires qu’il pose sur Facebook est-il le collègue tel qu’il se voit ? Il y a toute une sémiotique de l’identité en ligne comme l’explique Fanny George (.pdf), qui passe par la maîtrise de la mise en scène de soi, par le jeu entre identité affichée et identité calculée. Or, c’est dans la dialectique entre l’identité affichée et l’identité calculée que se joue la question de la vie privée en ligne. La privacy n’est pas un tout où je suis soit transparent soit opaque aux autres : il y a des couches de transparences, des facettes que j’aime montrer à certaines personnes et d’autres à d’autres. C’est dans ces relations que se joue la vie privée. Comme l’explique le sociologue américain Irwin Altman, pionnier de la théorie de régulation de la vie privée, le clivage vie privée/vie publique n’est pas univoque et définitif, mais se joue dans de petits détails entre chaque relation. Les crises de vie privée explosent quand ce qu’on partage avec X est dévoilé à Y.

InternetActu.net : En comparant par exemple la communauté des anorexiques hors ligne et online, vous dites “que le groupe en ligne est plus extrême, mieux organisé, mieux soudé socialement”. Quels sont les éléments distinctifs entre une communauté réelle et une communauté virtuelle ?

Antonio A. Casilli : La différence dans les communautés pro-ana (pour l’anorexie) en ligne et hors ligne est basée surtout sur le fait que ces sujets là, hors ligne, étaient communicationnellement inexistants. Avant l’internet, l’anorexique était dans une situation où ses relations aux autres malades étaient institutionnalisées, car hospitalisées ou alors avec des symptômes qui les mettaient dans la difficulté d’avoir des relations aux autres. Avec le web, ces personnes arrivent à trouver des sujets dans des situations comparables et arrivent à échanger des bribes d’expériences. Ces échanges finissent même par créer une sous-culture radicale dans ses manifestations : s’échangeant des playlist pro-ana, des produits de consommation quotidienne comme des dentifrices plus capables que d’autres de cacher les dégâts dentaires dus aux vomissements répétés. Les renseignements s’échangent sur des forums participants à la création d’une base de connaissance en ligne fondée sur l’échange de pratiques. On peut ainsi apprendre à être un bon anorexique ou un bon boulimique sur le web, avec même des classements et des degrés…

Le web ne désocialise pas plus qu’il n’hypersocialise, mais il reconfigure notre manière de faire société. Pour l’anorexique, son entourage, sa famille et la clinique ont longtemps été ses seuls repères face à la maladie. Désormais, l’anorexique est en contact avec d’autres anorexiques. Les communautés deviennent multidimensionnelles, c’est-à-dire qu’elles ont à la fois une existence réelle et numérique.

Propos recueillis par Hubert Guillaud le 3 septembre 2010.

corps, identités actives, jeunes, Participation, réseaux sociaux, Usages

Aucun tag pour cet article.

Le sept 7

Le Wall Street Journal a publié cet été une passionnante série d’articles sur la surveillance et le repérage des internautes, dont Jean-Michel Salaün à fait une synthétique et remarquable lecture sur son blog. Tant et si bien que nous avons décidé de vous la proposer…

Professeur à l’Ecole de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’université de Montréal et codirecteur d’une Introduction aux sciences de l’information parue dans la collection “repères” aux éditions La Découverte, Jean-Michel Salaün tient un blog exigeant sur l’économie du document qu’il destine à ses étudiants, mais également bien au-delà… Tant mieux, cela permet à plein d’autres internautes d’en profiter…

Le Wall Street Journal a publié cet été une série de cinq articles sur la surveillance et le repérage des internautes. Ces articles sont aussi importants par les informations qu’ils apportent, que par le statut du journal qui les publie.

Voici quelques notes et commentaires article par article. Attention, il s’agit de ma lecture et de mon interprétation des articles et non d’un compte-rendu fidèle, j’y ai ajouté commentaires, liens et réflexions de mon cru. Le sous-titre représente la principale leçon que j’en ai tirée.

L’économie souterraine du ciblage

Le WSJ s’intéresse dans cet article introductif signé Julia Angwin et intitulé “La nouvelle minde d’or du web : vos secrets” (“The Web’s New Gold Mine : Your Secrets”) aux logiciels espions.

Du côté technique, les initiés n’apprendront pas grand-chose. J’avais déjà rendu compte d’une enquête sur les mouchards des 50 sites les plus populaires des Etats-Unis. Le journal a fait une expérience similaire avec un ordinateur test. Il a constaté que les 50 sites les plus fréquentés ont déposé 3184 éléments de surveillance au total, la plupart du temps sans prévenir ; une douzaine de sites en a déposé plus de cent et Wikipédia aucun. Un petit tiers de ces mouchards se sont révélés inoffensifs, par exemple ceux nécessaires pour se rappeler son mot de passe.

Mais les logiciels espions ne s’en tiennent pas à des cookies et sont de plus en plus sophistiqués. Certains, par exemple, suivent ce que font les gens en temps réel et évaluent instantanément le lieu, les revenus, les comportements d’achat et même l’état médical des internautes. Certains se réimplantent automatiquement quand les usagers cherchent à s’en débarrasser, notamment en profitant des fonctionnalités de Flash d’Adobe. Reste que la relation entre les profils et les noms des personnes n’est pas faite. Les profils sont, en toute rigueur, ceux des machines des utilisateurs.

Plus inédits sont les éléments, même partiels, donnés sur cette économie. Les profils des individus ainsi recueillis, constamment actualisés, sont achetés et vendus sur une sorte de bourse qui a pris son envol dans les derniers 18 mois. Le journal a ainsi identifié plus de 100 sociétés d’intermédiaires en concurrence sur les données comportementales et d’intérêts des individus. Parmi celles-ci la société BlueKai surveille, par exemple, les visiteurs de eBay.com ou de Expedia.com en temps réel et ces données sont revendues sur son site. Plus de 50 millions d’informations sur les habitudes de navigation des internautes sont vendues chaque jour à 1/10 de centime de dollars pièce. On considère que la publicité ciblée a fait un chiffre d’affaires de 23 milliards de dollars l’année dernière.
Ces données peuvent être une rentrée supplémentaire pour des sites qui ne peuvent se financer complètement par la vente d’espace publicitaire. Il semble néanmoins que – naïfs, inconscients ou complices passifs ? -, nombre de sites ne sont pas au courant des logiciels espions qu’ils transmettent et qui sont initiés par des entreprises-tiers d’un nouveau genre, où règnent en maître les statisticiens. Par ailleurs, si aux États-Unis l’utilisation des cookies est réglementée, les autres logiciels espions – bien plus intrusifs -, ne le sont pas… Enfin, pas encore.

In fine, l’objectif est, bien sûr, de cibler au plus près le consommateur. Voici trois citations illustratives de l’objectif des responsables de ces sociétés : “Les annonceurs veulent accéder aux personnes, pas aux pages web” ; “Quand une publicité est correctement ciblée, elle cesse d’être une publicité pour devenir une information importante” ; “Nous dirigeons les gens vers différentes files de l’autoroute”. Mais, cette détermination a des limites. Il n’est pas sûr que nous voulions rester toujours dans les mêmes rails et nous sommes, comme tous les humains, heureusement versatiles.

L’importance du navigateur et des choix techniques

Un important débat a eu lieu à Microsoft au moment de la mise au point de Internet Explorer 8 entre les ingénieurs et les responsables de la stratégie, explique Nick Wingfield dans “Quand Microsoft annule ses efforts pour stimuler la vie privée en ligne” (“Microsoft Quashed Effort to Boost Online Privacy”). Les premiers avaient imaginé un navigateur qui protégeait par défaut la vie privée des internautes en les prévenant des logiciels intrusifs et leur donnant la possibilité de les bloquer. Mais suite à des pressions internes de nouveaux recrutés issus de la publicité sur le web et de la consultation des représentants de cette branche, la tendance a été renversée, rendant quasi impossible cette protection, qui n’existe plus par défaut et qu’il faut réenclencher à chaque ouverture du navigateur.

L’épisode est intéressant à double titre. D’une part, il illustre combien la logique économique du web est radicalement différente de celle de l’économie classique des logiciels, culture initiale de MSN, et repose exclusivement sur la publicité ciblée. D’autre part, il montre le rôle essentiel dans cette économie du navigateur dont les choix techniques ne sont pas gravés dans le marbre.

MSN, malgré tout, cherche encore à se démarquer de ses concurrents sur le web en appliquant une politique plus rigoureuse sur les données qu’il collecte, comme le montre cet article du journal de la firme.

L’épisode peut aussi faire réfléchir à la stratégie de Mozilla avec Firefox, drapé dans la vertu du logiciel libre, mais ne défendant pas mieux les données privées…

Cellulaire ou mobile

En Amérique du Nord, on dit “téléphone cellulaire”, en Europe “téléphone mobile”, ou plus rapidement cellulaire et mobile. La différence sémantique est ironique : l’un insiste sur le repérage, le quadrillage voire l’enfermement, tandis que l’autre pointe la liberté, le déplacement. Sans doute, il s’agit de l’envers et du revers d’une même médaille, mais le pile et le face sont pour le moins contrastés. Une même technologie, un même service sont désignés selon les continents par des qualificatifs opposés. Ici, je garderai “cellulaire”, plus représentatif des propos de Justin Scheck dans “Stalkers Exploit Cellphone GPS” (”Quand les harceleurs exploitent le GPS des mobiles”) pour le WSJ. Les compagnies de téléphone savent, en effet, où se trouvent leurs abonnés à trente mètres près.

L’article met en balance deux conséquences de ce repérage : d’un côté, il indique la possibilité de repérer des victimes d’accidents ou de délits ou encore de sécuriser le déplacement des enfants, ce qui justifie officiellement la réglementation américaine d’installation d’une puce GPS dans tous les téléphones cellulaires ; mais de l’autre, il insiste surtout sur les dangers du harcèlement et de la surveillance domestique, multipliant les exemples de femmes battues, retrouvées par leur mari grâce au traçage familial de leur téléphone portable proposé aux abonnés d’un cellulaire. En réalité, les enjeux me paraissent ailleurs : sur la surveillance policière ou le contrôle social d’un côté, sur la publicité contextualisée, de l’autre.

Un chercheur d’une société de sécurité informatique, Don Bailey d’ISec Partners, a montré qu’il suffisait du numéro de cellulaire d’une personne, d’un ordinateur et de quelques connaissances sur la technologie des cellulaires pour être capable de surveiller n’importe qui. Pour les paranos ou les incrédules, toutes les explications du chercheur sont accessibles en ligne (.pdf). Il y explique comment il est possible de savoir : qui vous êtes, qui sont les membres de votre famille, vos amis, vos collègues, où vous êtes, où ils sont, ce que vous êtes probablement en train de faire, pourquoi… et ce que vous allez probablement faire ensuite.

Anonymat et personnalisation

L’article d’Emily Steel et Julia Angwin, “On the Web’s Cutting Edge, Anonymity in Name Only” (”A la limite du web, l’anonymat ne réside plus que dans le nom”), donne une illustration concrète de ce qu’il est possible aujourd’hui de faire avec les données collectées. Il prend l’exemple de la société (x+1) qui a trouvé son modèle d’affaires en 2008 après de nombreux déboires et changements.

En utilisant les bases de données construites comme indiqué dans le premier article, la société est capable instantanément de donner le profil de consommation de n’importe quel internaute. Ils n’ont pas a priori son nom, mais croisent les références des données avec des bases de données de propriétaires, des évaluations de revenus, de statuts… En utilisant les probabilités, ils font des hypothèses sur les penchants de l’internaute. Le directeur de la société indique : “Jamais, nous ne savons rien sur une personne”.
Sans doute, il leur arrive de se tromper, mais leurs propositions sont suffisamment fiables pour qu’ils aient trouvé un marché auprès des vendeurs de cartes de crédit qui évaluent ainsi en temps réel la fiabilité de leurs nouveaux clients. Comme le dit le journaliste : “en résumé, les sites web ont gagné la possibilité de décider si vous serez un bon consommateur ou non, avant même que vous ne leur disiez quoi que ce soit sur vous-même”. Les conseils d’Amazon à partir de leur base de données maison sont largement dépassés. Ces techniques ouvrent la possibilité de construire un commerce personnalisé où produits, services ou même prix sont proposés selon le profil de chacun.

La préservation de l’anonymat est toute relative et, par ailleurs, même si ces sociétés disent ne pas faire de discrimination selon les genres, les profils ethniques, les handicaps qui tombent sous le coup de la loi, de tels profilages peuvent conduire facilement à des dérives éthiques. Ainsi, comme le titre de l’article l’indique, cette économie du web est limite.

Contextuel ou comportemental

Le dernier article, celui de Jessica E. Vascellaro “Google Agonizes on Privacy as Ad World Vaults Ahead” (”La lutte pour la vie privée chez Google, où comment le monde de la pub passe devant”), est celui qui m’a le plus intéressé. Il s’appuie sur un document interne de la société, un Brainstorming qui montre les hésitations de Google pour l’exploitation des données qu’il récolte sur les internautes face à la montée de la concurrence. De par sa domination sur le marché de la publicité en ligne, la position de Google est déterminante à la fois vis-à-vis de ses concurrents et aussi vis-à-vis de l’évolution de la réglementation que chacun sent proche.

La firme détient par son moteur la plus grosse base de données sur les intentions des internautes, mais a résisté jusqu’à présent à surveiller ces derniers sans leur consentement, notamment pour préserver son image. Le savoir-faire de Google est d’abord contextuel : il repose sur une expertise de traitement des textes, aussi bien les requêtes des internautes que les documents publiés sur le web, et non comportementale, c’est-à-dire sur une connaissance des réactions des personnes. Cette dernière expertise est plutôt celle de FaceBook ou des jeunes firmes présentés dans les autres articles de la série. D’un côté, on pourrait dire qu’on a une expertise linguistique, de l’autre une expertise sociologique. C’est aussi dans ce contexte que l’on peut relire le slogan don’t be evil : on peut chez Google manipuler les mots, pas les personnes. Les débats internes à Google sur l’utilisation des cookies par exemple sont très vifs et ne sont pas sans rappeler les débats de MSN présentés dans un précédent article de la série. Dans les deux cas, le dilemme est le même : comment préserver la culture de l’entreprise tout en faisant face à la concurrence ?

Une animation très claire, qui accompagne l’article, montre combien aujourd’hui les données engrangées sont nombreuses, recueillies par divers services de Google et sont encore cloisonnées pour leur exploitation publicitaire. Reste que l’article ne dit pas à quoi sert l’important stock de données collectées en dehors d’une utilisation pour la publicité, par exemple par la barre d’outils de Google.

googledata Suite notamment à l’achat de Double-Click en 2007, à la montée de la concurrence (dont Facebook), il semble que la position de la firme a évolué sur le cookies. D’ailleurs, l’enquête déjà citée montrait que Google est très présent dans la surveillance. Une stratégie pour sortir du dilemme par le haut serait de devenir une bourse d’échanges de données ou une régie de publicité comportementale ciblée.

Jean-Michel Salaün

Cet article a été publié à l’origine sur le blog de Jean-Michel Salaün.

économie comportementale, économie de l'attention, confiance, confiance numérique, données publiques, identité, identités actives, opendata, sécurité, surveillance, traçabilité, Web²

Aucun tag pour cet article.

Le sept 6

Xavier de la Porte, producteur de l’émission Place de la Toile sur France Culture, réalise chaque semaine une intéressante lecture d’un article de l’actualité dans le cadre de son émission. Désormais, vous la retrouverez toutes les semaines aussi sur InternetActu.net.

La lecture de la semaine n’est pas une lecture à proprement parler, mais quelques éléments d’un entretien donné par Nova Spivak à Om Malik, qui interroge régulièrement des acteurs du net.

Nova Spivak est cofondateur de Live Matrix, mais il a créé auparavant d’autres start-ups et investi dans d’autres encore. Il se prononce régulièrement sur les questions technologiques. Là, son intervention concerne la manière dont les nouveaux médias nous obligent à redéfinir le présent.

“Avec le web en temps réel, explique Spivak, avec l’augmentation du nombre d’informations auxquelles nous devons être attentifs par unité de temps – par heure, par minute, par seconde -, c’est la nature même du présent qui se trouve changée. Le présent est plus dense, nous avons accès à beaucoup plus d’informations par unité de temps présent qu’auparavant. Par certains aspects, le présent se raccourcit. Nous devons le penser à une autre échelle. Le présent se comptait en jour – en heure peut-être -, il se compte aujourd’hui en secondes.”

A la question de Om Malik : “Les inventeurs d’aujourd’hui sont-ils trop pris dans le présent pour créer le futur ?”, voici la réponse de Spivak :

“La plupart des entreprises passent plus de temps à regarder vers le passé, ou le présent, que vers le futur. Mais, c’est intéressant, car on peut élargir le point de vue. Avant le 20e siècle, notre civilisation était focalisée sur le passé. L’obsession pour les classiques en est un exemple. L’enseignement reposait sur l’Histoire, sur les penseurs du passé, le présent n’y avait que peu de part, personne ne parlait vraiment de ce qui se passait sur le moment, on se référait par exemple à ce que faisaient les Grecs. Quand nous sommes entrés dans le 20e siècle, nous sommes devenus des futuristes. Nous étions obsédés par l’avenir, l’industrie s’est passionnée pour l’innovation, le progrès. La science-fiction, c’est notable, est devenue un genre important. Je pense qu’au le 21e siècle, c’est le présent qui est important. On est aujourd’hui dans une civilisation qui vit dans le présent. On ne vit pas dans le passé, on ne pense pas à l’avenir, on pense au présent. Car le présent est tellement écrasant que si on n’y pense pas, c’est dur d’y faire face. Tout va plus vite, tout est plus dense. Aux yeux de certains, le passé est presque inopérant. Quelle pertinence de s’en référer au mode de pensée des Grecs ? Quelles réponses pourrions-nous y trouver ? Il y a sûrement de bonnes réponses, mais très éloignées de ce qui fait notre culture. De la même manière, je ne pense pas que beaucoup de gens dans le monde de l’internet pensent à l’avenir. Le passé et le futur sont donc oubliés, c’est le présent qui compte. Le web en temps réel, c’est le présent, littéralement. Tout le monde se demande comment faire face au présent, à la situation dans laquelle nous sommes en ce moment… Et je pense que ça affecte la manière dont on invente.”

Quand Om Malik demande à Spivak si dans tout ce qui nous arrive par ce web en temps réel, ce présent densifié, il n’y a pas une tension entre ce qui relève de l’information et ce qui est de la simple donnée, Nova Spivak lance quelques pistes :

“Oui, je crois qu’il existe une tension entre données, informations, et au-delà encore, la connaissance. Prenez Twitter. Au début, chaque twitte pouvait être considéré comme une information, ou même, pourquoi pas, comme de la connaissance. Maintenant, beaucoup de twittes relèvent de la donnée simple. Les gens qui donnent leurs coordonnées spatiales à chaque fois qu’ils se déplacent par exemple. On ne peut pas dire que ce soit de l’information utile. C’est juste de la donnée brute. De plus en plus d’applications ne vont consister qu’à faire passer des données dans Twitter. Et ça va s’incorporer dans le bruit. Il y a aussi de l’information dans tout ça. Mais extraire ce qui relève de l’information dans tout ce bruit devient de plus en dur. C’est l’occasion pour créer des services qui soient capables de transformer toutes ces données en informations – en fabriquant par exemple une carte montrant les déplacements de quelqu’un plutôt que d’accumuler les mises à jour de coordonnées géographiques – ou alors, qui extrairont, filtreront l’information, ou ce qui importe vraiment dans tout ce bruit. C’est une des promesses offertes par Twitter aujourd’hui, même si rien n’est effectif pour le moment.”

Ce ne sont là que quelques extraits de ce que raconte Nova Spivak à Om Malik. Ce qui me semble intéressant ici, c’est comment les préoccupations d’un entrepreneur du Net rejoignent celles des philosophes et des sociologues. Les propos de Spivak font étrangement échos à ceux exprimés par Paul Virilio depuis longtemps (au sujet de la vitesse), mais aussi au livre du sociologue allemand Hartmut Rosa qui vient de paraître aux éditions de La Découverte, Accélération, une critique sociale du temps.

Accélération, densification du présent, les mêmes expressions traversent les champs. Ce qui me semble notable chez Spivak, c’est que s’il concède implicitement que la technologie est un des facteurs de cette accélération et de cette densification, ce qui est accrédité par Hartmut Rosa, il y voit aussi une chance. Celle d’inventer des outils qui fassent le tri, des outils qui nous permettent de transformer les données brutes en informations, de sélectionner ce qui est vraiment important, des outils qui nous permettent au final de dilater un peu le présent. Ca n’est qu’une piste, et résoudre le problème du nombre incalculable d’informations qui nous arrivent à chaque instant par Twitter ne ralentira pas le monde. Mais l’injonction qu’il lance à faire face à cette question du présent me semble assez fertile, en tout cas moins déprimante que celle consistant à faire le constat de tous les dommages de cette densification nouvelle des instants de notre vie.

Xavier de la Porte

L’émission du 5 septembre 2010 était consacrée à “La fin du web” , avec avec Antoine Bayet, responsable éditorial du magazine Regard sur le numérique et Benoit Raphael, cofondateur du projet Revsquare ; ainsi qu’à La révolution dans la poche avec Véronique Pittolo, écrivain et critique d’art auteur d’un récent livre sur le sujet. Une émission à réécouter en différé ou en podcast sur le site de Place de la Toile.

temps réel, web sémantique

Aucun tag pour cet article.

Le sept 6

Maptivism : l’activisme cartographique

Dans les pays du sud, des cartographes amateurs dessinent l’infrastructure d’endroits pour lesquels il n’existe encore aucune carte.

Economie de surveillance – Bloc-notes de Jean-Michel Salaün

Jean-Michel Salaün résume et traduit pour nous 5 articles sur la surveillance publiés durant l'été par le Wall Street Journal… L'occasion de faire le point sur la profusion des logiciels espions de nos comportements ; sur comment la logique économique préside à la conception des logiciels comme du navigateur Internet Explorer 8 ; sur la déconcertante facilité qu'il y a espionner quelqu'un depuis un téléphone cellulaire ; sur comment, malgré l'anonymat des utilisateurs, les sites web parviennent à construire des profils de consommateurs ; et enfin un encore plus passionnant sur les débats internes de Google sur l'utilisation des données des intentions des internautes.

Devrait-on encourager les grands groupes français à racheter comme Google & Cie ? – Techcrunch

Pourquoi les rares acquisitions de start-up françaises sont-elles le fait de sociétés qui ne sont pas françaises ? Techcrunch entrevoile comment le soutien à l'innovation peine à se développer en France.

Pour en finir avec quelques idées reçues sur les jeux vidéo – RSLNmag

Retenez donc que les joueurs sont avant tout des joueuses, que plus de la moitié d'entre eux ont plus de 35 ans, que si la pratique est régulière et intensive, elle n'est pas exclusive, les jeux hors ligne n'ont pas disparus, et si la pratique demeure surtout solitaire, le multijoueur ne cesse de progresser…

Les gadgets doivent-ils être tactiles ? – NYTimes.com

Le succès du tactile peut-il être défait ? C'est le rôle des interfaces de devenir toujours plus ouverture à des gestes et intentions naturelles, estime Eric Horvitz de Microsoft Research. Depuis le succès de l'iPhone, la plupart des constructeurs songent à rendre leurs appareils tactiles ou capables de comprendre les mouvements des utilisateurs. Ce n'est pourtant pas ce que pense Don Norman et Jacob Nielsen – http://interactions.acm.org/content/?p=1401 – pour qui les interfaces gestuelles sont un pas en arrière dans l'usabilité. Pourquoi ? Selon eux, nous manquons de lignes directrices pour savoir quels gestes faire, d'autant que les entreprises qui développent des outils tactiles ont tendance à ignorer les conventions établies ou la recherche en design d'interaction. Bien sûr elles sont séduisantes, "mais le manque de cohérence et l'incapacité à découvrir comment ils s'utilisent, couplé à la facilité de déclencher des actions accidentelles, menace la viabilité de ces systèmes."

Zero Carbon Britain 2030 – Future Newswire

Le rapport Zero Carbon Britain 2030 – http://www.zerocarbonbritain.com -, publié en juin par le Centre for Alternative Technology, présente une "vision" de ce que serait une Grande-Bretagne "neutre en carbone" en 2030. Sous forme de scénario, il propose deux stratégies principales : "réduire la demande", notamment dans le bâtiment et les transports) et "augmenter l’offre". Dans chaque cas les progrès sont obtenus grâce à une combinaison de nouvelles technologies et de changements de comportements (un chapitre intéressant passe en revue les méthodes pour orienter les consommateurs et citoyens vers des comportements durables).

D’après ce rapport, la consommation d’énergie pourrait baisser 63% en passant aux véhicules électriques, en remplaçant les vols intérieurs par la route le le rail et en réduisant les vols long courrier. 100% de l’énergie pourrait être issue des énergies renouvelables. Une vision radicale qui a le mérite de mettre en évidence les marges de manœuvre.

Une carotte pour les cyclistes en infraction à Copenhague – Nudge blog

Pourquoi toujours punir ? A Copenhague, si vous ne garez pas votre vélo dans les emplacements réservés à cela, la police vous le gare, huile votre chaine, regonfle vos roues et vous laisse un gentil mot pour vous demander de ne plus recommencer. Résultats : on est passé de 150 bicyclettes déplacées par jour à une 50aine… L'idée : ne plus faire que les gens soient en colère parce qu'on a bougé leur vélo !

La salle de téléconference de NTT – Singularity Hub

L'opérateur japonais NTT a dévoilé sa nouvelle salle de téléconférence , la troom : http://www.mirainodenwa.com/e_index.html

Est-ce que le langage façonne la façon dont on pense ? – NYTimes.com

Pendant de nombreuses années, on a cru que notre langue maternelle était une prison contraignant notre capacité à raisonner. Même en l'absence de preuve, il demeure difficile de croire que les gens de toutes cultures pensent de la même manière. Mais surtout, c'est certainement une erreur de surestimer l'importance du raisonnement abstrait dans nos vies, car combien de décisions quotidiennes sont-elles guidées par la logigue déductive face à celles guidées par l'instinct, l'intuition, les émotions…

Comment l'intention de l'utilisateur influence son comportement dans une recherche en ligne ? – DynBiz

En utilisant une méthode de suivi du regard, des universitaires espagnols se sont demandés si l'intention qu'on avait, avant de faire une recherche sur l'internet, modifiait la façon dont on consultait les résultats (et dont on appréhendait la publicité sur ces pages de résultats). Pour cela, ils leur ont demandé d'accomplir plusieurs tâches nécessitant de trouver des choses assez différentes les unes des autres. Sans surprise, selon nos intentions on ne cherche pas de la même manière. Même si pour la plupart, nous avons tendance à nous concentrer sur l'extrait fournit dans les résultats, avant le titre des pages de résultats. Pour les requêtes transactionnelles, on a tendance à faire plus attention à la publicité.

"What Mountain is That?" New App Takes Augmented Reality Outside the City Limits

Des données contextuelles accessibles n'importe où à n'importe quel moment ? Tel est en substance le principe du projet Marmota – http://tev.fbk.eu/marmota/ – développé par des chercheurs de la Fondation Bruno Kessler, rapporte le ReadWriteWeb. Quand le GPS se fond avec la réalité augmenté tout en sortant du cadre urbain.

Le smartphone, un "investissement identitaire renouvelé" – LeMonde.fr

Première conclusion de l'enquête : malgré l'abondance des applications téléchargeables sur leurs téléphones (mini-programmes payants ou gratuits), la plupart des utilisateurs interrogés n'en utilisent régulièrement qu'au maximum cinq ou six. Parmi lesquelles on retrouve immanquablement celle du réseau social Facebook. Leur terminal a beau être connecté en permanence à Internet, très peu explorent le web via un navigateur. Les utilisateurs ne surfent pas comme avec leur ordinateur : l'usage de l'internet mobile est surtout utilisé dans des situations statiques, pour boucher les trous du quotidien.

Les photos géotaguées peuvent en révéler plus que vous le souhaitez – NYTimes.com

Parce que les données de localisation ne sont pas nécessairement visibles pour l'utilisateur, la plupart des gens ne réalisent pas qu'elles sont souvent transmise avec la photo qu'ils prennent et qu'elles peuvent compromettre leur vie privée."

Comment le web change nos identités – Techi.com

Le web ouvre un nouvel espace à l'identité : nous permettant de les façonner et leur offrant un espace pour que d'autres personnes interprètent cette construction. Avec l'internet, notre personnalité n'est plus attachée à nos corps. Ce qui nous permet de tisser des relations indépendantes de questions comme la race, la sexualité, le niveau social… L'internet transforme également notre authenticité, puisque notre identité devient une projection de soi qui peut être multiple et façonnée à l'envie.

Alerte aux faux avis de consommateurs en plein essor sur Internet – La Tribune

Plus d'un tiers des avis laissés sur les sites parlant de restaurants ou d'hôtels sont suspects estime l'UFC Que Choisir. Si les méthodes se banalisent, elles sont pourtant illégales rappelle l'UFC Que Choisir : se présenter faussement comme un consommateur est une pratique commerciale trompeuse et déloyale. Pas étonnant peut-être que le baromètre de la confiance d'Edelman – http://www.edelman.com/trust/2010/ – montre pour la première fois une baisse de la confiance dans les pairs : http://vansnick.isexl.com/2010/08/29/e-commerce-faut-il-encore-se-fier-aux-avis-des-clients/ 

Google ou la culture de l’erreur – Owni

Google Wave n'a pas marché… Tant pis. Le plantage fait partie de la culture Google !

Jeux de mains, Jeux bienbienbien – BienBienBien

Henry Michel dresse un panégyrique, ironique, de ces jeux "WYMIWYM" (What you Move is What you Move). Et constate : "avancée d’un point de vue technologique, mais régression d’un point de vue ludique, retour à des jeux d’adresse simplissimes, défis de pichenettes, de dextérité, dont certains existent depuis l’antiquité."

Nous sommes surdoués, mais crétins – Le blog de Pierre Rabhi

"Peut-être faudrait-il inventer un nouvel outil, appelons-le egomètre ou ambitiomètre. Un objet doté d’une alarme qui signalerait que ce que nous faisons n’a pas d’autre sens que de servir le démiurge en nous, celui qui croit pouvoir dompter le monde, tout en nous précipitant vers l’absurde".

Les opérateurs téléphoniques de demain sont Google, Apple, Facebook et Skype – AbriCoCotier.fr

Mark Zuckerberg (PDG de Facebook) a récemment douté de la longévité des téléphone : “je ne sais pas encore combien de temps nous allons utiliser les téléphones”. Allons-nous voir les dernières années de la téléphonie, comme le raconte Nikhyl Singhal de SayNow pour Techcrunch ? http://techcrunch.com/2010/08/28/phone-numbers-dead/ Derrière la mort des numéros de téléphone tels que nous les composons, il ne faut pas seulement voir l'arrivée de la VOIP, mais surtout la transformation du monopole des opérateurs téléphoniques, à terme.

"Le Monde Magazine" : Au secours ! Tout va trop vite ! – LeMonde.fr

Hartmut Rosa, l'auteur de "Accélération, une critique sociale du temps" – http://www.amazon.fr/Accélération-Une-critique-sociale-temps – développe un discours critique assez convenu sur l'accélération du temps et la densification de notre activité. Nous sommes plus susceptibles à nous ouvrir des opportunités qu'à faire des choix fermés… "Au final, nous avons tous l'impression de vivre dans une instabilité permanente, un présent court où des faits rapportés en début de journée semblent avoir perdu toute leur valeur le soir même, et dont nous ne savons plus quoi penser…" Mais est-ce particulièrement contemporain ?

GDF DolceVita: plus douce la vie ! – Traverses

En racontant une histoire personnelle et devenue si quotidienne, le philosophe Yves Michaud rappelle qu'il ne peut y avoir de confiance dans des systèmes inacceptablement asymétriques. "La moindre des choses en démocratie serait que l’on rende absolument obligatoire la symétrie: tout ce qui peut être fait sur Internet doit pouvoir être défait sur Internet. Ce n’est quand même pas sorcier et je ne vois pas ce qu’on peut opposer ni techniquement ni moralement."

La vie privée et les applications – Technology Review

Le App Genome Project – http://blog.mylookout.com/2010/07/introducing-the-app-genome-project/ -, lancé par la société de sécurité mobile Lookout, analyse le marché des applications sur l'App Store et sur l'Androïd Market et vient de rendre les conclusions d'une étude sur la piètre programmation des applications en matière de respect de la vie privée. Un tiers des applications tendent ainsi d'accéder à l'information de géolocalisation des utilisateurs et 10 % des applications tentent d'accéder à la liste de contact des utilisateurs et la plupart du temps sans indiquer à l'utilisateur quelles données précisément l'application veut recueillir ni dire ce qu'elle compte en faire. "Les utilisateurs finaux comme les développeurs, ont parfois peu d'idées de ce qu'il arrive des informations que recueillent les applications qu'ils utilisent ou développent".

Pourquoi avons-nous besoin de nouveaux langages ? – Technology Review

De nouveaux langages de programmation ne cessent de voir le jour, comme le rappelait le récent BarCamp sur les langages émergeant organisé par O'Reilly – http://emerginglangs.com. Mais pourquoi avoir toujours besoin de langages de programmation nouveaux s'interroge la Technology Review ? Parce que beaucoup de ceux qui sont très utilisés sont anciens et parfois manque de rapidité ou ont du mal à tourner sur des dispositifs mobiles, estiment certains participants… ce qui semble certain c'est que la programmation polyglotte risque de devenir la norme, pour pouvoir s'adapter à l'optimisation de nombreux problèmes au risque de construire une tour de Babel…

Technology Review : TR35 2010

Comme chaque année, la Technology Review distingue 35 jeunes innovateurs de moins de 35 ans. Cette année, un français dans la liste, Gabriel Charlet, d'Alcatel-Lucent : http://www.technologyreview.com/TR35/Profile.aspx?Cand=T&TRID=971

Aucun tag pour cet article.

Le sept 3

Google Chrome affiche désormais officiellement un numéro de version 6 pour Windows, Mac et Linux.

Plus précisément la version 6.0.472.53 rejoint la branche stable et la branche beta. La branche dev permet désormais le test de la version 7 qui promet une accélération matérielle et du code natif dans les webapps en prévision du Chrome Web Store.

Google Chrome 6 A propos

Au programme des nouveautés :

  • Une nouvelle interface graphique
  • Des performances accrues
  • Un regroupement des fonctionnalités dans un seul bouton à droite de la barre d’adresses
  • Un cadenas vert affiché lors d’une connexion HTTPS
  • Auto-complétion des formulaires
  • Synchronisation de ces informations et des extensions au travers du compte Google

Chrome 6 Menu

Si vous mettez à jour votre version beta (déjà en version 6), vous ne constaterez pas de grands changements, par contre ceux-ci seront plus sensibles lors d’une mise à jour depuis la version stable 5.

Notez que la visionneuse PDF intégrée n’est pas activée par défaut, il vous faudra consulter chrome://plugins.

Chrome PDF plugin

Google Chrome (et le projet Chromium) existe maintenant depuis 2 ans et remporte un franc succès, de par sa simplicité, son interface épurée et sa rapidité d’exécution.

Aucun tag pour cet article.